pensées féministes et poesie sapphiste

15 juin 2017

On m'a dit qu'elle allait peut-être partir, pour l'instant elle n'est plus vraiment là,

c'est comme une absence, comme une disparition,

c'est comme quitter une partie de soi-même,

froisser le temps,

se dire qu'il ne reviendra plus, ce passé composé, les fleurs du soir,

les saisons dorées,

 

j'ai dégagé une énergie dévorante, une volonté conditionnée,

à trouver les raisons d'entente, les phrases de complicité,

j'ai recherché en continu la paix,

 

j'ai soufflé lentement et doucement, sur les vieilles blessures,

j'ai laissé les chairs se refermer,

 

j'ai appris à pardonner,

 

lorsqu'elle n'est plus là,

ses yeux deviennent transparents

la lumière d'antant voyage en un instant,

le couloir de la vie se rétrécit

il n'y a plus d'âge

 

j'ai appris à la laisser partir

à la laisser me quitter

 

 

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08 juin 2017

vieille ville

village englouti

rues désertes

le passé sonne encore

ses pas sur pavé

s'échappent

 

fuite

 

 

elle court

tout autour

le monde vide

comme un film

elle court

 

fuite

 

 

contre l'agression

contre la violence

contre la force brutale

contre la domination

 

 

elle court

 

 

jamais assez vite

jamais assez loin

 

le passé revient

la bataille est toujours

un surlendemain

 

elle court

elle marche plus vite

elle accélère

elle quitte

elle contourne

elle part

elle s'agite

 

l'égalité n'est pas encore arrivée...

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22 mai 2017

parler à la pluie, parler aux feuilles, parler aux arbres, parler à soi-même,

la voix ultime, la voix intense, la voix renaissante et perpétuelle,

parle ta conscience,

chaque phrase, petite ou grande décision, ruminement ou résolution,

la tête est pleine, immense vague à l'âme, volte face, remue méninge,

la tête est pleine, les idées voyagent et les rêves viennent

sous le soir ou le clair matin

graine d'espoir, de rage ou de chagrin

la voix appelle

la voix te guette

la voix survient

j'entends en moi les discours du moi-même

j'entends en moi les recours à soi-même

la voix a parfois raison

la voix a parfois tord

écrire et garder les informations

tourner la page

se laisser guider

sortir d'un conditionnement

les interprétations

pour une voix soudaine

les impressions

l'autodétermination

laisser vivre quelques contradictions

entre la voix le geste et l'action

j'écoute et je laisse

j'écoute et je donne

j'écoute et j'entreprends

telle est ma conciliation

 

 

 

 

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23 avril 2017

prédire les avenirs, puisqu'il faut parier sur une suite,

avoir des idées claires sur ce qu'il faut bâtir,

"liberté, égalité, fraternité"

est-ce exagéré de vouloir définir un droit réel unanime,

une vision d'être humaine - d'être humain,

une façon de regarder la vie plutôt que de cumuler la misère

 

si la vie pousse en clarté, fusion et explosion

aggrandissement à l'échelle vitale

une vie n'a pas plus d'importance qu'une autre

le monde a besoin d'évolution

stoppons le massacre

plutôt guérir que détruire

soigner que blesser

donner qu'arracher

 

si la vie pousse en générosité, création et diversité

soulèvement à l'ordre des gènes, des molécules et des assemblages

cohésion et filament d'une union parfaite

les échaffaudages du réel

danser ensemble, fêter,

se réjouir de l'existence, rêver

parce qu'elles sont là les bases de l'intelligence

la dignité, la concordance,

la coordination, la construction, la connivence

avec, ensemble

 

puisqu'il n'y a sous nos pas qu'un monde

 

puisqu'il n'y a entre nos mains, qu'une terre

 

puisqu'il n'y a sur nos vies, qu'une raison

 

"liberté, égalité, fraternité"

 

avoir le choix, rendre possible

pour toutes et tous, à un même niveau,

sans préjugé, avec bienveillance, la différence n'est qu'apparence,

 

j'ai besoin, j'ai envie de poursuivre la vie

pour plus de justice

pour plus d'équité

pour plus de projets

pour créer

pour vivre correctement

pour être bien

pour regarder demain

se dire que le monde est image,

clarté, des espoirs de chacun

 

tout est à faire, à inventer

 

 

 

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06 avril 2017

exister, se libérer des conditions qui fondent sa propre existence,

respirer, accepter le mouvement d'ouvrir et de rejeter l'atmosphère,

battre, circulation interne des flux en continu,

vivre, être en capacité pleine ou partielle, de son organisme,

 

exister, être tout juste là,

respirer, automatisme et réflexe conditionné,

battre, tension interne rythmée,

vivre, être présent au monde autour

 

exister, chercher une place,

respirer, prendre conscience du souffle en soi,

battre, prendre son poul,

vivre, contourner les obstacles ou les franchir,

 

exister, avancer dans la vie en s'affirmant peu à peu,

respirer, être relié à l'air du temps,

battre, percevoir des accélérations ou des tensions,

vivre, accepter d'être là et chercher du sens,

 

exister, définir les éléments qui nous semblent essentiels,

respirer, favoriser l'inspiration ou l'expiration, selon,

battre, entendre un jour le bruit du coeur et de l'émotion,

vivre, poser des actes, agir, faire de son mieux,

 

exister, partager le temps dont on dispose,

respirer, éviter de se mettre toujours en apnée,

battre, comprendre qu'il faut accompagner les battements de son être et ne pas lutter contre,

vivre, équilibre entre l'émotion, l'action et l'acceptation,

 

exister, savoir que parce qu'il y a une fin, il y a urgence,

respirer, trouver des espaces et reprendre son souffle,

battre, garder un rythme régulier,

vivre, suivre le temps, l'espace et la fréquence des choses

 

 

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14 mars 2017

Il est de toutes les époques

une circonstance aggravante

à tous les faits déplorés

"en tout état de conscience"

voilà

un noble lion en sa fable

à loisir repu et délectable

noblesse exige

l'argent à disposition

dont il faut saisir encor'

pour parfaire sa noble fourrure

ou soigner ses admirables dents

souffrir un air féroce et distant

inutile de feindre un rugissement

l'art de courir bien trop fatiguant

exploitons plutôt la force des gazelles

l'épreuve aux courageuses femelles

ces félines demoiselles

à l'ombre des robustes feuillages

le roi patiente un nouveau festin

en fermant modérémment les paupières

et en tentant un air d'ultime conviction

se donner en spectacle

paraître le plus irréprochable

une plume d'aile

vient à tomber et déranger sa majesté

un oiseau d'encre sur papier

claironnant des chansons d'égalité...

de justice et de clarté

le roi écrase de sa patte

la plume au sol se brise

le chant des oiseaux s'éloigne

aucune révolution ne gagne

l'art et la maîtrise de conserver

plus encore de maîtriser

les privilèges et les avantages

contrefaire et détourner

posséder

claironner la puissance d'un roi

aux exigences de naissances

 

et que la masse de la populasse

travaille plus et s'épuise

pour que le lion puisse cligner des yeux, bailler et se prélasser!

 

 

 

 

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06 février 2017

remanier le passé au nouveau jour

démasquer

la vérité dévoilée

taire le silence

casser le secret

je sais

je sais maintenant

je sais

 

mon coeur est cramé

noires ses cendres

carbonisé

de cette lointaine enfance

je hais

 

je ne savais conjuguer

ce verbe irrégulié

ce verbe épais

mot tragique

sens dramatique

 

je hais

 

tout est consumé

l'oxygène évaporé

l'hydrogène

élément premier

dénaturé

 

 

je hais

 

en continu

la raison même de mon existence

 

comment compenser le mal

comment effacer le passé

enfouir?

accepter?

 

je hais

 

 

 

 

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12 novembre 2016

j'entends un crayon griffoner les pages à vivre

le graphite qui insiste

le développement du mouvement

langage musical d'un dessin

succession de respirations

pause

et retour à l'inspiration

couchée sur la feuille

l'étendue des volumes associés

juste quelques lignes rencontrées

 

et les bruits ont changé

et le monde a tourné

le papier remplacé

la ligne effacée

 

j'entends des touches appuyées

le poids des idées manipulées

gymnastique digitale

orchestre tapoté du bout des doigts

avancer sur l'écran ondulé

le piano des idées

juste un son digitalisé

processeur enclenché

stop

la ligne vient d'être validée

 

 

et les bruits ont changé

et le monde a tourné

le papier remplacé

la ligne effacée

 

 

plus l'écran est petit

plus la fenêtre aussi

du mot à la lettre

du mot au son

le son s'enfuit

le sens aussi

vite épinglé

vite pensé

vite fait

fuite

 

 

 

et les bruits ont changé

et le monde a tourné

le papier remplacé

la ligne effacée

 

 

la langue et le son de nos connexions

être au monde en état de dire

façonner l'architecture des idées

permettre

juxtaposer

identifier la clarté des lignes

la rature devenue jeu de mots

des pages aux écrans blancs

la capture des expressions

écrire

 

 

 

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16 octobre 2016

Pas de généralité

que des reflets jetés

lorsque la lumière passe

re-formée près d'un oeil

brille d'intelligence

la spontanéité

l'enveloppe des années

cachetée

soulève les secrets

découverte continuelle

sous des projets

j'aime les portraits

observer les êtres

sourire aux ombres

préférer les clartés

l'équilibre dessiné

entendre

la scène ouverte

tissage de personnalités

ce qui est projeté

le soi minutieusement découpé

entre les fils des instants

rythme séjourné

éclats polarisés

vivre en appartenance

au monde qui m'environne

vivre en relation

à la gravitation

sphères sillonnent

éléments foisonnent

mes humanités

 

 

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20 septembre 2016

comme c'est bon

respirer le matin

jouer l'instant

souffler le parfum

 

comme c'est bon

enivrer de saison

le jour sa fraicheur

mon regard amusé

 

comme c'est bon

la vie son petit tour

soulever ses idées

laisser s'échapper

 

comme c'est bon, vivre à plein poumon, le long des chemins,

savoir s'asseoir et observer, ce qui est tracé,

lorsqu'on a permis à l'envie d'avancer

 

comme c'est bon

je sais que j'ai défait

tant de contrariétés

mes colères estompées

 

et la vie va reprendre

 

comme c'est bon

être comme embarquée

devenir passagère

de mes désirs

 

et flotter

 

 

 

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