Marcher sur le sable humide,
traîner ses traces inlassablement,
fossiles à l'ère du présent,

marcher en allant devant soi,
là où il n'y a pas encore de marque,
inventer un pas à partir de rien.

Alors, avancer,
les grains de sable pourront rouler,
et l'océan les retirer,

remous imperceptibles
lorsque la vague oublira mon passage,

imaginer la pointe de tes seins,
empreinte sableuse,
qui s'échappe de mes mains,
un vent léger souffle et
l'écoulement fluide fuit,

à genoux, ensablée dans mon impuissance,
j'admire ma toute volonté,
d'être de paysage,
tu t'effaces de ma ligne d'horizon,

et moi,
rêveuse au sablier,
je perds mon temps,
sans pelle et sans sceau,
pas de beau château.